“J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève”
Dans une légère obscurité, le magasin s’étend en profondeur. Le ronron des réfrigérateurs, un air de pop commerciale et les échos d’un feuilleton égyptien s’entremêlent. Sous le poste de télévision, un écran de vidéosurveillance surplombe une caisse enregistreuse à l’allure massive. En face, est assis Monsieur Bebars Mafoz. L’homme porte des lunettes aux verres fumés et une courte barbe poivre et sel. “J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève. Je me suis ensuite mis à mon compte, il y a seize ans, en lançant cette épicerie” explique le patron du Maya Shop. Face à lui, couvert de boîtes de sucreries et de sacs en plastic, le tapis roulant ne roule plus depuis longtemps.
“J’ai commencé par importer des produits orientaux moi-même. Les premières fois, c’était difficile. Il faut réunir toutes sortes de papiers et ils doivent être en règle. Mais après quelques fois, ça va. Aujourd’hui encore, s’il me manque un produit, je l’importe directement. Pour m’aider, j’ai de la famille en Egypte et plusieurs contacts au Liban.”

Dans une étagère usée en métal, miroir et verre, sont empilés des paquets de tabac pour narguilé. À côté, des cassettes de musique populaire orientale remplissent un carton estampillé Marlboro. Dans les réfrigérateurs des briques de lait hallal voisinent les emballages de gorgonzola et de Gruyère.
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