Ethnic Business @ Kaléi

Le premier dossier Kaléi se penche sur le phénomène de l' "entrepreneuriat étranger"

Feb 12

Etienne Piguet, Professeur à l’Institut de géographie à l’Université de Neuchâtel, au sujet du commerce ethnique.

Simon (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)

“En cas de problème, ce sont les fournisseurs qui sont responsables”

Cette épicerie asiatique est sur le point de fermer. Son patron va et vient, chargé de sacs et de cartons de marchandises. Il se faufile avec aisance dans l’étroit couloir qui sépare des étagères remplies. D’origine vietnamienne, il a commencé par travailler comme traiteur avant d’ouvrir son commerce d’alimentation asiatique. Comment se procure-t-il les produits? Entre deux déchargement, il explique: “Les fournisseurs ont tout! S’il manque quelque chose, je les appelle et l’on est aussitôt livré!” Il précise: “Les produits sont surtout vietnamiens, thaïs ou philippins. On n’a presque pas de produits chinois. Il y a beaucoup de problème avec les produits chinois. Si ça vient de Hong Kong, c’est différents.”

“Jusqu’à maintenant, aucun article n’a été retiré de la vente, dans mon magasin”, relève le commerçant. Tout en s’occupant d’une cliente à la caisse, il ajoute :  De toute façon il y a trop de produits, on ne peut pas connaître toutes les réglementations. En cas de problème, ce sont les fournisseurs qui sont responsables.”

Simon (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)

Les petits commerces de la diversité

Des enseignes en hindi, en arabe, en chinois, des étals énigmatiques pour les novices, les commerces étrangers font aujourd’hui partie du paysage urbain, en Suisse comme ailleurs. Avec ce premier dossier thématique de Kaléi, le ton est donc donné. Il sera résolument multicolore, multiforme mais pas béat pour autant. Car au-delà des parfums épicés et des devantures bariolées qui happent les passants, les commerces ethniques sont une réalité bien complexe.

L’exotisme, attirant pour certains et gênant pour quelques autres, des boutiques étrangères se résume trop souvent au cliché du petit épicier marocain ou turc dont la boutique ne ferme jamais vraiment ses portes. Mais les commerces tenus par des personnes d’origine étrangère ne se résument pas à cela. Les détaillants de thé asiatiques, les salons de coiffure africains, ou même les pubs irlandais sont autant de leurs formes.
Le commerce ethnique n’est d’ailleurs lui-même que la pointe de l’iceberg. L’entreprenariat étranger englobe tous les secteurs d’activités de l’économie, de la construction aux services informatiques. Les boutiques étrangères n’en sont que la façade. Mais une façade qui parfois effraie en ces temps de ballottement économique.
Pourtant, comme l’expliquent Etienne Piguet et Roger Besson dans une étude publiée par l’Office fédéral de la statistique en 2005 (1), l’entreprenariat étranger est une force dynamique. Le nombre de travailleurs indépendants est relativement moins important chez les immigrés que chez leurs homologues suisses, mais il augmente plus vite. Le mythe du migrant voleur d’emploi s’effrite. Les étrangers n’absorbent pas l’entreprenariat helvétique mais contribuent au contraire à sa croissance.
D’ailleurs, les facteurs qui expliquent le passage du travail salarié à l’indépendance sont semblables pour les étrangers et les Suisses. L’âge, la formation, le sexe jouent un rôle dans ce domaine. Il n’y aurait donc pas tant de différence entre les entrepreneurs locaux et immigrés ?

Comme le souligne E. Piguet, la tendance générale est bien à la convergence des profils. Mais pour autant, il ne faudrait pas négliger les spécificités propres à l’entreprenariat ethnique (2). Il n’est pas rare que certaines communautés se spécialisent dans un secteur particulier dans leur pays d’accueil. C’est notamment le cas pour les entreprises de textile coréennes aux Etats-Unis,  les commerces turcs en Allemagne (3). En Suisse, ce phénomène reste marginal. Les étrangers font aussi parfois face à une plus grande fermeture du marché du travail. L’entreprenariat est ainsi une alternative à un chômage prolongé (4). Pour autant, ces spécificités ne sont en rien culturelles. Elles dépendent bien plus de facteurs environnementaux, comme la politique migratoire du pays d’accueil, les causes de la migration, etc.
Mais il est une autre spécificité de l’entreprenariat étranger à ne pas occulter. Les commerçants immigrés sont autant de fenêtres sur l’autre et sa culture. L’épicerie du coin est souvent un lieu d’échange et de mixité par excellence où se mêlent les influences d’ici et d’ailleurs. Si l’accès à un emploi en tant qu’indépendant fait partie du processus d’intégration des immigrants, leur travail est aussi un facteur d’ouverture pour les populations autochtones.

(1) Piguet, E. and Besson, R. 2005: L’emploi indépendant des personnes issues de la migration en Suisse en 2000. In Haug, W. and Wanner, P., editors, Migrants et marché du travail en Suisse. Compétences et insertion professionnelle des personnes d’origine étrangère, Neuchâtel: Office fédéral de la statistique, 111-147
(2) Piguet, E. 2004 : Les migrants entrepreneurs : entre success story et stratégie de survie. In La mobilité internationale des compétences : situations récentes, approches nouvelles, Paris : L’Harmattan, 105-113
(3) Piguet, E. 1999: Les migrations créatrices, Paris: L’Harmattan, 393-399
(4) Voir notre reportage sur l’épicerie sri-lankaise Elephant Bazar.

Elsa (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)

Un reportage multimédia  à la rencontre d’un commerçant sri-lankais à Genève.

Elsa (voir sa page) et Martin (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)

Pâtés de poisson rose, oeufs de morue assaisonnés et anguilles en sauce

Les portes automatiques s’ouvrent. Des clients se faufilent entre les rayons chargés de produits inconnus. D’autres sont assis dans un coin restaurant. Sol carrelé, lumière des néons et bourdonnement des réfrigérateurs. Derrière deux caissières affairées, sur une étagère, un chat jovial en plastique salue les passants de la patte.

Un homme aux traits asiatiques et aux lunettes carrées apparaît entre deux rayons et s’approche d’un pas rapide. Depuis dix-huit ans déjà, Monsieur Uchitomi est le patron du magasin du même nom. “Auparavant, j’étais pâtissier-confiseur, en indépendant. Comme pâtissier-confiseur, en Suisse, la concurrence était dure” affirme-t-il. “Je me suis alors tourné vers l’alimentation japonaise.” Il ajoute: “Dans un premier temps, je travaillais directement avec une société d’import-export japonaise.”

Sacs de riz entassés, bouteilles de saké ou vinaigre de riz, la céréale domine invariablement les présentoirs. Au fond de congélateurs rutilants, se côtoient pâtés de poisson rose, oeufs de morue assaisonnés et anguilles en sauce. “Avec les bilatérales, les réglementations sont devenues plus strictes.” Monsieur Uchitomi ajoute: “Certains produits sont introuvables comme le calamar frais, assaisonné … au foie de calamar.

Simon (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)

“J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève”

Dans une légère obscurité, le magasin s’étend en profondeur. Le ronron des réfrigérateurs, un air de pop commerciale et les échos d’un feuilleton égyptien s’entremêlent. Sous le poste de télévision, un écran de vidéosurveillance surplombe une caisse enregistreuse à l’allure massive. En face, est assis Monsieur Bebars Mafoz. L’homme porte des lunettes aux verres fumés et une courte barbe poivre et sel. “J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève. Je me suis ensuite mis à mon compte, il y a seize ans, en lançant cette épicerie” explique le patron du Maya Shop. Face à lui, couvert de boîtes de sucreries et de sacs en plastic, le tapis roulant ne roule plus depuis longtemps.

“J’ai commencé par importer des produits orientaux moi-même. Les premières fois, c’était difficile. Il faut réunir toutes sortes de papiers et ils doivent être en règle. Mais après quelques fois, ça va. Aujourd’hui encore, s’il me manque un produit, je l’importe directement. Pour m’aider, j’ai de la famille en Egypte et plusieurs contacts au Liban.”

Dans une étagère usée en métal, miroir et verre, sont empilés des paquets de tabac pour narguilé. À côté, des cassettes de musique populaire orientale remplissent un carton estampillé Marlboro. Dans les réfrigérateurs des briques de lait hallal voisinent les emballages de gorgonzola et  de Gruyère.

Simon (voir sa page)

Tout le dossier Ethnic Business ICI


Comments (View)
Page 1 of 1